Voyage en parapluie

Peut-être un jour, aura-t-il lui aussi un parapluie, un grand parapluie tout rouge. Il se voit sur le chemin de l’école avec son beau parapluie. Tous les autres enfants sont mouillés, et lui, il est bien au sec.

Mais voilà le méchant Gaston, qui voudrait bien avoir un parapluie lui aussi. Gaston est grand, il va sans doute battre le pauvre Jeannot et lui prendre son parapluie. Jeannot se sauve, Gaston court après lui, il va le rattraper…

Mais, heureusement, le vent se met à souffler, à souffler très fort. Le vent soulève et emporte le parapluie avec Jeannot qui le tient. Le parapluie monte, monte, et Jeannot se trouve emporté très haut.

Voilà l’école tout en bas, avec les enfants dans la cour qui le regardent s’envoler. L’école est toute petite…Tiens! Voilà une hirondelle : « bonjour petite hirondelle! Tu vois, je vole comme toi ! Tu vas où ? Attends, je viens avec toi …attends-moi … »

Mais voilà que Jeannot commence à redescendre. Les maisons se rapprochent, il tombe, il tombe! Que se passe-t-il ? C’est le vent qui s’est arrêté de souffler. « Au secours, au secours ! »

Boum ! Çà y est, Jeannot est tombé. Il est mort sûrement. Non, pas tout à fait! Il a seulement un peu mal à la tête. mais où est-il donc ?…

A côté de son lit, tout simplement, il est tombé en dormant ! Heureusement, ce n’était qu’un rêve …

La Poésie

La poésie est la mémoire du monde. Et cette mémoire véhicule toutes les joies, tous les amours, tous les élans vitaux qui habitent l’homme depuis l’origine, mais toujours avec leur part d’ombre, celle de la souffrance, du doute, de la solitude et de la mort, terme inévitable du voyage.Et parce qu’il est le seul animal à savoir qu’il doit mourir, l’homme porte en lui cette irréductible nostalgie qui peut être le souvenir émouvant d’un paradis à jamais perdu. De cette nostalgie, le poète a fait son pain quotidien.Si le romantisme et la nostalgie sont d’abord des phénomènes de jeunesse, ils n’en représentent pas moins ce désir de rêve et d’idéal que chaque être humain sent vivre en lui du jour de sa naissance à l’heure de sa fin. Le plus blasé, le plus cuirassé n’y échappe guère. Peut être même est-ce la meilleure part de l’homme.Rien ne parait plus important, dans notre monde tourmenté, que de vibrer encore à la magie de la parole essentielle.P.Héraclès