Lucie Delarue-Mardrus (1874 – 1945)

Si tu viens, je prendrai tes lèvres dès la porte,
Nous irons sans parler dans l’ombre et les coussins,
Je t’y ferai tomber, longue comme une morte,
Et, passionnément, je chercherai tes seins.

A travers ton bouquet de corsage, ma bouche
Prendra leur pointe nue et rose entre deux fleurs,
Et t’écoutant gémir du baiser qui les touche,
Je te désirerai, jusqu’aux pleurs, jusqu’aux pleurs !

Or, les lèvres au sein, je veux que ma main droite
Fasse vibrer ton corps, instrument sans défaut
Que tout l’art de l’Amour inspiré de Sapho
Exalte cette chair sensible intime et moite.

Mais quand le difficile et terrible plaisir
Te cambrera, livrée, éperdument ouverte,
Puissé-je retenir l’élan fou du désir
Qui crispera mes doigts contre ton col inerte !

Lucie Delarue-Mardrus, née à Honfleur le 3 Novembre 1874 et morte le 26 Avril 1945 à Chateau Gontier, est poètesse, romancière, sculptrice et dessinatrice, journaliste et historienne française

Cette jeune fille d’excellente famille, que ses proches surnommaient « Princesse Amande », faillit bel et bien épouser Philippe Pétain – comme quoi celui-ci avait au moins bon goût en matière de femmes.

Ses parents ayant refusé la main de celle qu’on surnomme « Princesse Amande » au capitaine Philippe Pétain, Lucie Delarue, qui devint Lucie Delarue-Mardrus par son mariage avec un médecin extrêmement tolérant, aima bien plus les femmes que les hommes.

Bien qu’elle sculptât et se fît remarquer de la bonne société parisienne également par sa prose, c’est surtout en qualité de poétesse que la mémoire littéraire a conservé son nom.

Son mari dont elle divorcera vers 1915 qui désirait garder intacte la beauté de sa Princesse Amande, propose à Natalie Barney, amie intime de Lucie, de lui faire un enfant à sa place. C’est à cette époque qu’elle emménage au 17 bis quai Voltaire à Paris, où elle vivra de 1915 à 1936

Les écrits de cette auteure prolifique, qui a laissé plus de soixante-dix romans, recueils de poèmes (Ferveur 1902 Horizons, 1904; la Figure de proue, 1908, récits (le Roman de sixpetites filles, 1909 ; l’Ex-voto, 1921, biographies, Mémoires(1938), contes, nouvelles, récits de voyage, pièces en vers (Thoborge, reine de mer, 1905) et pièces de théâtre (Sapho désespérée, 1906), révèlent une peintre de la vie intime et de la nature. Ses écrits expriment son désir d’évasion et son amour de sa Normandie natale.

Son Ex-Voto est une description pleine de sensibilité du milieu et de la vie des pêcheurs honfleurais au début du XXe siècle. Elle est également l’auteur de chroniques hebdomadaires, critiques littéraires ou musicales, conférences aux Annales parues dans la presse.

Dans les dernières années de sa vie, elle a présenté au Salon de la Société Nationale des sculptures dont Danseurs nus (figurine)Dame Patricia, son nègre et son galant (figurine) ou Deux danseuses et un indifférent.

Elle passera les trois dernières années de sa vie à Château-Gontier où elle s’était retirée en 1942

14 commentaires sur « Lucie Delarue-Mardrus (1874 – 1945) »

  1. Belle découverte, je ne connaissais pas cette artiste !
    Et puis de Honfleur, une si belle ville que j’affectionne beaucoup, j’y allais en vacances dans ma jeunesse …
    Je te remercie pour ton article je vais prendre le temps d’écouter les documents « audio », j’aime bien, ça complète toujours les articles, merci Swannaëlle
    bisous forts

    Aimé par 1 personne

    1. Je n’aime pas trop ses poèmes mignons, ceux qu’on apprenait à l’école, mais sa poésie amoureuse si je puis dire, j’y suis sensible. Tu me diras …
      Belle journée à toi 🌹😘 et merci pour ton retour 😊

      Aimé par 1 personne

      1. Lucie Delarue-Mardrus écrit une lettre suite à la demande d’Aurel :
        Titre « La conscience embrasée » pages 175-176 – Par Aurel – Paris Editions Radot -1927
        (Aurel, née Aurélie Octavie Gabrielle Antoinette de Faucamberge le 31 août 1869 à Cherbourg et morte le 26 juin 1948 à Paris 17e, est une femme de lettres française. (Source Wikipédia))

        « Voici sa lettre :
        « Essayons de passer mon examen : j’ai commencé à écrire vers cinq ou six ans. Je faisais des vers en anglais et aussi un roman, genre bibliothèque rose, mais en me cachant à cause des moqueries de mes sœurs.
        Depuis l’âge de dix ou onze ans, je n’ai jamais cessé de faire des vers ; ce qui explique comment le métier n’a aucun secret pour moi, le langage rimé n’étant ce que l’eau est pour les poissons.
        Ma ville, ma parenté ? Je suis normande et de Honfleur. Mon père : famille normande, de robe, avec des apports paysans, aristocrates et artistiques. Mon père était avocat à Paris, il plaidait surtout pour des affaires maritimes, était fort éloquent, beau comme un dieu, intègre jusqu’à l’os.
        Mon arrière-grand-père maternel était conservateur du musée de Rouen. Un de mes grands oncles, Auguste Lireux, fut directeur de l’Odéon, journaliste, grand ami de Théophile Gautier, de Gavarni, etc.
        Ma mère, née Jazet, était la fille et petite-fille des fameux graveurs à la manière noire, descendante de Debucourt et parisienne pur sang depuis des générations.
        J’ai été élevée à Paris l’hiver, à Honfleur l’été et aussi à Saint-Germain-en-Laye dans une beau parc dessiné par Lenôtre. La devise que je pratique : il vaut mieux être droit qu’adroit.
        Je vous embrasse « à pincette » comme disent les gosses »

        Aimé par 1 personne

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