Préjugés et attentes

Illustrations de l’artiste Mora Fiaño Salas

Nous entamons tous une relation avec une certaine idée de ce que devraient être les choses. Nous arrivons avec nos attentes, nos espoirs en imaginant d’avance comment notre partenaire devra se comporter, parler, s’habiller, conduire, manger, commander du vin, se brosser les dents, laver le linge, mettre la table et faire l’amour, tout cela selon notre propre perception de ce  » qui se fait « .

Ce n’est pas que nous attendions de lui ( ou elle ) qu’il soit parfait mais juste que nous aimerions qu’il fasse les choses comme nous l’espérons.

Pendant l’enfance, notre esprit est imprégné d’une certaine façon de voir les choses. Nous apprenons des adultes ce qui est « normal » et, avec cette image, nous entrons dans le monde avec l’espoir qu’il se conformera à notre réalité.

Le plus souvent, nous revivons inconsciemment ce que nos parents ont vécu, car ces modèles sont intimement ancrés en nous. Des modèles qui, en quelque sorte, servent de filtres aux choses et à ce qu’elles « devraient être. »

Parce que chaque être vient d’une famille qui, en soi, est unique, les notions que nous avons du « normal » sont en fait très disparates.

Lorsque les conceptes de deux personnes s’entrechoquent, cela crée souvent une éruption. L’un veut faire en sorte que l’autre se plie à ses idées et, inévitablement, on se précipite dans le cercle vicieux de l’incompréhension, de la déception, de l’accusation, et ce fameux mur se dresse peu à peu.

Nos préjugés créent en nous une certaine attente, un espoir et, forcément, nous sommes déçus que notre partenaire n’y réponde pas spontanément.

Celui-ci ne lit pas dans nos pensées et, que nous soyons  proches ou non, il ne saura jamais exactement ce qui se passe dans notre esprit ni ce que nous ressentons  à tout instant.

C’est à nous de lui faire comprendre ce que nous éprouvons, ce que nous désirons qu’il sache, et de nous demander ce que nous attendons de lui.

Nos préjugés peuvent aussi nous priver du processus de communication. Si nous imaginons savoir ce que l’autre désire, il y a toutes les chances pour que nous ne lui demandions pas. Nous manquerons alors ces occasions de conversations exploratoires qui ont pour effet de tisser des liens entre deux êtres.

Les suppositions et les idées toutes faites étouffent l’esprit de découverte.

Dans presque toutes les relations, les suppositions, les conjectures et les attentes sont source de malentendu. En fait, chaque fois qu’un conflit surgit entre deux partenaires, il est presque toujours dû à une attente inconsciente déçue.

Pour éviter les attentes déçues, il y a trois phases : la prise de conscience, l’analyse et la communication.

Pour prendre conscience de ce que nous attendons de notre partenaire, il faut reconnaitre le fossé qui peut exister entre nos suppositions et la réalité de la situation.

Une fois ces suppositions exposées au grand jour, nous pouvons nous demander si elles sont fondées. Si ce n’est pas le cas, rejetons-les au plus vite . Si au contraire elles nous semblent toujours légitimes, il nous faudra les avouer à notre partenaire afin que, ensemble, nous puissions discuter d’une issue qui conviendra à l’un comme à l’autre.

Même en possèdant le meilleur talent de communication qui soit, cela ne sera d’aucune utilité si l’on a peur de s’en servir.

Communiquer d’une façon claire et franche est une tâche des plus difficile si l’on redoute le rejet et la critique.

Pour que les conditions de communication soient optimales, il faut créer autour de soi un environnement sûr, afin que les deux partenaires puissent exprimer en toute quiètude leurs pensées et leurs sentiments.

Il faut entendre par environnement sûr, le fait de se sentir parfaitement à l’aise, de façon à rester celui ou celle que l’on est. On a alors envie de s’exprimer, on est même prêts à prendre quelques risques, à se mettre à nu et se rendre ainsi vulnérable, car on sait que personne ne nous fera de mal.

Pour la suite, je vous parlerai de nos différences … 😉

Petite mise au point poétique…

Les peintures sont de NGUYEN THANH BINH

Le poème est un texte qui répond à un certain nombre de règles. La poésie est un concept du beau dans les mots. La somme de tous les poèmes du monde est incluse dans la poésie. Car il n’y a pas que les poèmes qui entrent dans la poésie.

On commet souvent la faute de les utiliser l’un pour l’autre.
La poésie est un genre littéraire comme le roman ou le théâtre.
Le poème est une pièce de poésie.

La poésie c’est notamment l’art de composer des poèmes.

Les deux mots poème et poésie sont utilisés de manière interchangeable bien qu’il y ait une différence entre poème et poésie. Les significations intérieures du poème et de la poésie sont différentes. Leurs connotations diffèrent dans une certaine mesure.

Un poème est un ouvrage littéraire. La poésie est une forme d’art. Le dictionnaire Oxford donne des définitions plus détaillées et plus élaborées des deux termes poème et poésie.

Un poème est «un texte dans lequel l’expression des sentiments et des idées prend une intensité accrue en accordant une attention particulière à la diction (comportant parfois des rimes), au rythme et à l’imagerie».

La poésie, en revanche, est l’expression de sentiments et d’idées intensifiée par l’utilisation d’un style et d’un rythme distincts; poèmes collectivement ou en tant que genre de littérature. « 

En bref, on peut dire que la poésie est l’une des formes des beaux-arts. Un poème est l’unité fondamentale de la poésie. On peut donc dire que la poésie est faite de poèmes. En d’autres termes, vous pouvez dire que les poèmes constituent l’art de la poésie.

Un poète est celui qui compose des poèmes et crée de la poésie dans le processus. Il est juste comme un potier qui est habile à faire des pots et à créer la forme d’art de la poterie dans le processus. Lui seul peut s’appeler un poète qui crée fréquemment de la poésie. Celui qui compose des poèmes ne peut parfois pas être appelé un poète mais peut être appelé un versifiant.

Le mot poème est souvent utilisé dans le sens d’une œuvre individuelle. La poésie est un travail rassemblé. En d’autres termes, il s’agit d’un terme collectif utilisé pour désigner plusieurs morceaux de poèmes individuels.

La poésie est une forme littéraire, alors qu’un poème est un travail écrit..

La poésie est une forme d’art alors qu’un poème est une œuvre composée.

Donc le poème est à la poésie,
ce que le graphème est à la graphie,
ce que le phonème est à la phonétique
ce que le lexème est au lexique…

Le suffixe « ème » désigne un élément. Etymologiquement, donc, le mot poème désigne un « élément de création (poétique) ».

La question vient sans doute d’une confusion existant dans les écoles : On entend souvent un enfant dire « j’ai une poésie à apprendre ». Ce qu’il a alors à apprendre est un poème.

Cette confusion vient certainement de l’école primaire. La chose m’est d’ailleurs confirmée par mon dictionnaire :
Poésie
(Début du XVe siècle). Poème.
REMARQUE Le mot poème est plus général, s’appliquant à des œuvres plus ou moins longues, tandis que poésie, en ce sens, ne se dit que d’œuvres de faible étendue ; poésie est plus courant dans l’usage familier, par exemple scolaire (réciter une poésie ; tu as appris ta poésie ?).

Un poète écrit un poème, ou un recueil de poèmes ; et il écrit de la poésie
Une poésie est un mot incorrect qui remplace parfois, mais à tort, le mot poème. Il y a la poésie, genre littéraire comme le roman ou le théâtre ; et il y a les poèmes, qui par leur ensemble et leur diversité constituent le genre appelé la poésie

Les deux mots ont au départ la même étymologie, à savoir le grec ‘poiein’ qui veut dire façonner, fabriquer : dans le sens de l’artisanat.

Le poème désigne le texte qui emprunte la forme traditionnelle (au départ!) du vers, qui se traduit pas l’usage des rimes et de pieds ( nombre de syllabes ). Les anciens grecs avaient cette façon d’écrire car il fallait tout apprendre par coeur, alors il y avait une raison mnémotechnique!


Après, avec notamment Claudel, le poème s’est ouvert à une versification dite libre, affranchie de la rime et de la constance du nombre de pieds, en bref libérée des formes traditionnelles types sonnets.

Ensuite, la poésie se réfère apparemment plutôt à ce qu’on appelle les formes poétiques, globalement les procédés de styles types par exemple métaphore et métonymie, mais pas uniquement. On peut penser aussi à des thèmes , comme le lyrisme ou la mythologie, sachant que ces thèmes évoluent avec les époques.

On peut ainsi trouver de la poésie dans une pièce de théatre ( racine) ou un roman sans qu’il s’agisse d’un poème!
On parle aussi parfois de la ‘poésie de la vie’…
On peut aussi dire de quelqu’un: « c’est tout un poème »!

On peut aussi trouver de la poésie dans une fleur, un tableau peint ou vivant ou quelque autre forme de beauté car il en existe de variées voire d’infinies, c’est une question de regard sur le monde. Le poème n’est qu’une forme de la poésie.