Je ne vous aime pas Monsieur l’Hiver …

Quand votre ami l’Automne se trouve dépouillé,
vous profitez alors pour prendre vos quartiers.
Vous faites table ronde en conviant vos amis.
Ils répondent présent, le vent, le froid, la pluie,
en ajoutant leurs connaissances aussi
le gel, la neige, le givre et le verglas parfois,
sans compter la palette de vos nuages gris.

Lorsque j’ouvre ma porte à votre volonté,
votre souffle glacé vient me figer le corps.
Je reconnais pourtant votre belle élégance,
quand vous voulez parfois dans un souci d’état,
revêtir quelques temps votre grand manteau blanc …
Je le redis tout bas, je ne vous aime pas !

Vous nous prenez le jour, vous le raccourcissez,
et vous rendez nos nuits d’une longueur sans fin.
Pour vous faire apprécier, quelle ingéniosité !
Vous venez en Décembre pour célébrer Noël,
en voilà une idée! Vous avez bien choisi ,
et vous avez gagné ! Mais cela étant dit,
je ne change pas d’avis!

De quel droit avez-vous refroidi mon ami ?
Il s’agit du Soleil et je le nomme ici .
Pourquoi de votre fait, nous priver bien souvent
d’une telle merveille, était-il si gênant?
Vous le laissez paraitre pour briller vos atours,
mais, vous nous empêchez tout lien d’intimité !
Auriez-vous un litige avec le bel été ?
Ma foi, c’est décidé! Vous n’aurez pas mon amitié !

Pourrai-je être indulgente quand chaque année venue,
vous mettez au panier nos rideaux de verdure ?
Et nos amis plumés, ces petits êtres frêles,
y avez-vous songé ? Ils ne demandent rien,
mais quand vous arrivez, leurs becs restent vides,
leurs pattes vont geler et vous vous en moquez!
Je n’oublie pas non plus les défavorisés,
ces autres sans abri, bien obligés ici
de subir votre loi ! Vraiment…décidément,
je ne vous aime pas !

Vous essayez pourtant de vous faire pardonner
puisqu’à partir de vous, chaque jour se prolonge,
mais bien trop lentement pour un revirement !
C’est donc pendant trois mois que vous restez chez moi,
et que vous m’obligez à l’hospitalité
C’est mon hostilité ici que je confirme,
je le dis haut et fort, et vous le méritez!

Je vais donc de ce pas consoler mon ami,
lui dire de patienter, de préparer ses pas,
d’enjoliver son air, de repeindre son ciel.
Lui dire que bientôt, il aura ses éclats,
que pour le célébrer, il est très attendu !

Alors Monsieur l’Hiver, quand sera arrivé
votre jour de trépas, je vous présenterai
avec un grand sourire celui qui vous suivra!
Je vous dirai : voici mon ami le Printemps,
vous ouvrirai la porte, et vous souhaiterai bon vent !

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