Je voulais …

Je voulais amarrer ton âme,
Ne te laisser qu’un horizon,
Faire de ton coeur un oriflamme,
Ecrire ta vie en chansons.
Je voulais te lire des poèmes,
Peindre tes yeux de mille façons,
Sculpter aussi tous mes je t’aime,
Les mettre autour de ta maison.
Je voulais t’ouvrir un chemin,
Te mener droit jusqu’à mon coeur
Embaumé de mille parfums,
Pour t’enivrer jusqu’au bonheur.
Je voulais inventer des mots,
Et des lumières et des couleurs,
Te composer un boléro
Et pour toi faire danser les fleurs…
Tu ne m’as pas laissé le temps.
Tu as rompu tes amarres,
Tu es parti voguer au vent,
Tu as préféré les hasards.
Sur le ponton, je suis restée
A imaginer tes ailleurs…
Puis, quand le soleil s’est couché,
J’ai murmuré « reviens mon coeur »

(Tous droits réservés)
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Au revoir Anne … 🌹❤️

L’artiste, qui vient de mourir à l’âge de 86 ans, a écrit et composé des centaines de chansons, pour enfants mais aussi et surtout pour adultes, où les femmes, notamment, avaient toute leur place. Parmi celles-ci figurent plusieurs chefs-d’œuvre du répertoire français. Car oui, Anne Sylvestre était bien de cette trempe-là.

J’aime les gens qui doutent

Les gens qui trop écoutent

Leur cœur se balancer

J’aime les gens qui disent

Et qui se contredisent

Et sans se dénoncer

J’aime les gens qui tremblent

Que parfois ils nous semblent

Capables de juger

J’aime les gens qui passent

Moitié dans leurs godasses

Et moitié à côté

J’aime leur petite chanson

Même s’ils passent pour des cons

J’aime ceux qui paniquent

Ceux qui sont pas logiques

Enfin, pas « comme il faut »

Ceux qui, avec leurs chaînes

Pour pas que ça nous gêne

Font un bruit de grelot

Ceux qui n’auront pas honte

De n’être au bout du compte

Que des ratés du cœur

Pour n’avoir pas su dire :

« Délivrez-nous du pire

Et gardez le meilleur »

J’aime leur petite chanson

Même s’ils passent pour des cons

J’aime les gens qui n’osent

S’approprier les choses

Encore moins les gens

Ceux qui veulent bien n’être

Qu’une simple fenêtre

Pour les yeux des enfants

Ceux qui sans oriflamme

Et daltoniens de l’âme

Ignorent les couleurs

Ceux qui sont assez poires

Pour que jamais l’histoire

Leur rende les honneurs

J’aime leur petite chanson

Même s’ils passent pour des cons

J’aime les gens qui doutent

Mais voudraient qu’on leur foute

La paix de temps en temps

Et qu’on ne les malmène

Jamais quand ils promènent

Leurs automnes au printemps

Qu’on leur dise que l’âme

Fait de plus belles flammes

Que tous ces tristes culs

Et qu’on les remercie

Qu’on leur dise, on leur crie :

« Merci d’avoir vécu

Merci pour la tendresse

Et tant pis pour vos fesses

Qui ont fait ce qu’elles ont pu «