L’ Amour … une maladie ?

Lalà Makarowa

Une question interessante : qu’est-ce qui est normal en amour ?

De ne jamais avoir perdu la tête?De ne jamais avoir eu « besoin » de l’autre ? De n’avoir jamais pensé à elle, à lui, jour et nuit? De garder de l’appétit? De ne pas ressentir de manque quand il est loin, quand elle s’en va ? De mener une vie conjugale sans vagues, sans histoire, sans risque?


Ou encore de pouvoir continuer à gérer sa vie (verbe affreux en amour, non?) avant et après la rencontre, comme si rien ne s’était passé?
Et dans ce cas, serait-il normal de brûler d’anxiété près d’un téléphone? D’être raidi par l’émotion, à l’idée d’un rendez-vous? De passer des heures à hésiter entre deux robes, deux cravates pour être sûr de lui plaire ?

Klimt

De ne rien pouvoir avaler? De ressasser les mots qu’on aurait pu dire, les gestes qu’on aurait pu faire? De dormir mal? De guetter le facteur comme le messie? De courir à la gare … De faire l’amour n’importe quand, n’importe où, d’être mort de trac?


D’aimer très fort au point de devenir un autre? Au point de voir ses principes, sa morale, ses priorités voler en éclats.
Au point de tout remettre en question, même ses parents, même ses enfants. Au point de croire qu’on aimera cet homme, cette femme toute la vie et… que ce soit vrai.

Cameron Gray

La passion est-il un signe de vitalité et de bonne santé? Est-elle la preuve que nous savons aimer? Ou bien révèle-t-elle qu’une névrose nous travaille en secret?Même les psychanalystes sont partagés.

Certains voient la passion comme une simple hypertrophie du sentiment amoureux. D’autres pensent qu’elle n’a rien à voir avec l’amour et que, pathologiquement, elle s’enracinerait dans des traumatismes infantiles non décelés. Seulement, si çà tourne mal …Qui pourrait trancher dans ces querelles d’école?

Ocean Love

Néanmoins, la passion heureuse est saluée comme un miracle entre deux personnes qui savent si bien s’aimer. On ne parle de déséquilibre que si cela tourne mal.

Et pourtant, ce sont les mêmes symptômes, la même obsession, la même douleur de labsence et de la dépendance… Notre névrose n’est pas d’aimer trop fort mais…..trop vite!

Justin Totemical

Passons à la passion malsaine, c’est à dire à la passion névrotique et révélatrice d’un traumatisme infantile non décelé.

La passion, qu’elle soit heureuse ou dévastatrice, est surtout une affaire de tempérament…passionné.

Il faut pour en jouir (ou en souffrir), un caractère entier et fonceur, impulsif et positif, incapable d’imaginer le pire, mais sachant très bien inventer l’avenir, le rêver, le créer à partir des bribes du présent.

Ne pas voir la passion comme une tare, mais comme l’expression d’un tempérament de feu, qui nous porte vers les êtres et les choses et nous pousse à mordre dans la vie à pleines dents.

Il faut une belle énergie pour aimer. C’est un trésor à préserver car notre tort ( ou notre névrose si nous en avons une), n’est pas d’aimer trop fort mais d’aimer trop vite.

Sans prendre le temps de réfléchir pour savoir qui est qui, et déterminer en attendre quoi…Nous sommes des imprudents qui fonçons tête baissée.

Beatriz Martin Vidal

Quand nous aimons, nous adorons. Nous aimons en bloc, sans prudence, sans calcul. Dès lors, il serait dommage de vouloir éteindre cette flamme qui nous anime : elle fait notre richesse.

En revanche, nous pourrions la tempérer d’un peu plus de raison en évaluant la situation à chaque étape de l’amour. Même la passion se construit pierre par pierre et son issue, heureuse ou malheureuse, ne dépend pas que de nous.

Le dénouement fait intervenir l’entourage, les enfants, les familles et surtout notre partenaire qui peut accepter ou refuser, à un moment ou à un autre, de nous accompagner dans nos rêves d’amour toujours.
Dans la passion heureuse, il nous suit toute la vie. Dans la passion tragique, il nous lâche en cours de route…c’est la seule différence.

Tomasz Alen Kopera

Le mythe du coup de foudre nous a longtemps laissé croire qu’il n’existait qu’une seule personne au monde capable de nous convenir et que la reconnaissance était à la fois immédiate et définitive.

Or il est démontré, que le coup de foudre existe, mais qu’il ne tombe pas du ciel. Il est précédé d’un quantité d’explorations amoureuses, durant lesquelles nous avons eu des penchants pour tel ou tel.

En fait, l’amour est un processus progressif qui longtemps reste réversible, c’est à dire facile à interrompre sans grande souffrance . Ne pas rêver trop loin…sans l’autre. On entre dans la passion par étapes.

Or, à chaque étape, il importe de faire le point afin de ne pas aller trop loin…sans l’autre. Car il arrive un moment où tout notre être, tout notre avenir, sont engagés dans cette relation. Au point que nous ne puissions plus revenir en arrière et nous séparer sans être ébranlés, si ce n’est détruits, dans les fondements de notre personnalité entière.

En ce sens, la passion destructrice ne vient pas d’un amour névrotique, mais d’une erreur d’estimation. Notre aveuglement, notre inexpérience, notre naïveté ou tout simplement notre enthousiasme, n’ont pas su voir venir le décalage qui se creusait entre nos rêves et la réalité de notre partenaire qui n’a pas pu ou pas voulu nous suivre, du moins aussi loin.

Robin

Toute relation commence par une attirance. Quelque chose en cette personne nous donne envie de la connaitre. Ce n’est pas forcément sa beauté mais une manière de parler, de se tenir, d’observer ou…de nous regarder. Elle nous intéresse, nous intrigue. A moins qu’elle ne nous paraisse à la fois captivante et exaspérante.

En ce cas, c’est de la contre-attraction, c’est à dire que nous résistons à qui nous plait, ce qui revient au même. A ce stade, les plus avertis d’entre nous se méfient déjà, bien décidés à se mettre des œillères en passant leur chemin…

Tuya

20 commentaires sur « L’ Amour … une maladie ? »

    1. Bonjour et merci Alan pour ce chaleureux accueil. J’ai trouvé vos écrits très riches et intéressants, et je vais prendre le temps d’une grande promenade au sein de vos articles avec un grand plaisir . A bientôt et belle journée 🌹🌹🌹

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  1. Quelle belle réflexion sur… la spontanéité et sa « normalité » !!! Heureusement qu’en amour il n’y a pas de normes car si limités nous étions alors malheur à l’expression artistique, et malheur au bonheur surtout ! et quelles belles illustrations ! Tu es dopée à quels phéromones ? hi hi !

    Aimé par 1 personne

  2. Magnifique article,
    Cela me rappelle des histoires heureusement passées.
    Personnellement la passion me fait trop souffrir, toutes les fois que j’ai aimé trop fort ou déraisonnablement… plus dure a été la chute, comme un fracas.
    j’aime beaucoup le « il convient de ne pas aller trop loin …sans l’autre », c’est ça exactement !
    Bonne journée Swannaëlle

    Aimé par 1 personne

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