Liberté…d’être soi-même (suite 1)

Chaque fois que je m’assume, je fais un pas en direction de la liberté intérieure.

Qu’est-ce que m’assumer? C’est me porter avec ce que je ressens, avec mes besoins, mes valeurs, mes aspirations.

À première vue il peut être étonnant de lire que le chemin pour gagner la capacité d’être libre passe par cette façon d’assumer ses sentiments et ses besoins.

Il y a plusieurs objections à accorder une telle place à nos émotions inconfortables et à nos besoins compromettants.

Nous sommes plutôt tentés de croire que c’est en étant accepté et aimé comme nous sommes, voire inconditionnellement, qu’on bâtit la sécurité nécessaire pour nous sentir libre d’être nous-même.

C’est avec cette conviction d’ailleurs qu’on s’acharne parfois à rechercher l’amour, l’acceptation, l’approbation. On constate toutefois que même en les obtenant gratuitement, on ne parvient pas à s’accepter mieux ou à se sentir plus libre d’être nous-même.

Tout l’amour du monde et toute l’acceptation des êtres chers ou estimés ne parviennent pas à nous transformer en personnes libres d’être elles-mêmes. C’est une grave erreur de croire qu’on puisse se donner soi-même, artificiellement, l’amour ou la reconnaissance qu’on attend des autres.

Et c’est aussi une erreur de penser que l’amour et la reconnaissance des autres peuvent nous transformer alors qu’au fond nous refusons d’en éprouver le besoin.

L’amour, l’acceptation, la reconnaissance des personnes qui ont de l’importance à nos yeux peuvent constituer une nourriture affective fort précieuse, mais à trois conditions: que je consente réellement à en avoir besoin, que je prenne linitiative d’exprimer mon besoin, qu’il s’agisse d’une personne très importante à mes yeux

Contrairement à ce qui paraît logique à première vue, ce n’est pas le fait de recevoir qui augmente notre solidité et notre liberté d’être, mais bien le fait d’oser être ce que nous sommes.

En consentant à vivre mes émotions, à éprouver les besoins qu’elles sous-tendent et en étant expressive de ceux-ci, j’obtiens deux résultats importants.

Non seulement je m’assume comme personne, mais en plus j’augmente mon estime de moi.

C’est par ce chemin aussi que celui qui veut s’aimer davantage y parviendra car « l’amour de soi » est en fait une « considération de soi » qu’on gagne à force d’agir d’une façon estimable à nos propres yeux.

Affirmer qu’il faut porter ses besoins ouvertement est « contre-culturel » pour la plupart d’entre nous.

Nous avons appris à refuser les sentiments qui nous procurent de l’inconfort. Nous avons aussi acquis la conviction que la dépendance à l’égard d’une personne aimée ou estimée est un signe de faiblesse psychologique, une sorte de preuve qu’on est incapable de vivre par soi-même.

Cela nous porte parfois à nous rebeller contre l’ascendant qu’une personne exerce sur nous et à le camoufler devant elle.

Comment conquérir cette Liberté d’être Soi-même ?
En consentant à ressentir nos émotions


Ressentir nos émotions signifie les accueillir, bien sûr,
mais ça exige plus que cela.
Nous devons les ressentir complètement et les laisser
être présentes durant tout le processus qui constitue leur « vie ».


L’émotion traverse plusieurs étapes .
Il ne faut pas lui opposer des obstacles, il faut laisser l’émotion nous informer sur ce qui nous atteint, nous manque et nous importe.
Comprendre mieux ce qui nous arrive et pouvoir davantage tenir compte de nos besoins.


Consentir au besoin


Comme l’émotion, le besoin s’impose à nous.
Notre pouvoir sur son existence se limite à le combler ou à refuser de le combler.
Le premier choix le fera disparaître au moins temporairement.
Certains besoins sont en effet récurrents.
La faim est l’exemple parfait d’un besoin qui revient régulièrement.
Il en est de même de l’affection,
du désir sexuel et de plusieurs besoins affectifs.


Si nous choisissons de ne pas combler notre besoin,
il subsistera tout simplement et prendra forcément de l’ampleur.
C’est parfois à notre insu qu’il grandira.
Alors, le manque donnera naissance à toutes sortes de symptômes qu’après un certain temps nous ne pourrons plus relier au besoin.
Ensuite, c’est la descente aux enfers qu’entraîne le refus des besoins.


Pour utiliser une fois encore l’analogie avec le plan physique,
ce n’est pas parce que nous ignorons notre faim qu’elle disparaît.
Le signal habituel par lequel elle nous est indiquée pourra s’estomper, nous laissant sous l’impression que nous n’avons plus faim.
Mais il sera remplacé par d’autres signaux: faiblesse, mal de tête…
Si nous cessons de nous alimenter sous prétexte
que nous ne ressentons pas la faim, c’est sur notre santé elle-même que nous constaterons des répercussions.
Le combat « contre » un besoin est une lutte parfaitement stérile car l’existence du besoin n’est pas soumise à la volonté.


À cet égard, les besoins psychiques fonctionnent sur le même modèle que les besoins physiques: on ne le choisit pas.
Cependant, alors que les besoins physiques trouvent la plupart du temps une réponse automatique,
la réponse aux besoins psychiques est soumise à notre libre-arbitre.
Voilà pourquoi nos besoins affectifs sont souvent malmenés!

Encore à vous dire …. on remet çà demain ? 😉 Les peintures sont toujours de Yossi Kotler

2 commentaires sur « Liberté…d’être soi-même (suite 1) »

  1. S’accepter avec ses forces et ses faiblesses, nous sommes humain cela nul ne peut le nier.
    Notre société voudrait que nous soyons des êtres blindés à tous, quelle terrible erreur…
    Personnellement lorsque je réagis fortement, je me pause et je cherche le pourquoi de cette réaction. Cela est positif à chaque fois 😉 🙂

    Aimé par 1 personne

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