Ivresse

Les mots ensorcelés au seuil de mes pensées,
Veulent jeter un sort à ta course funeste,
Enraciner ton âme, au bord de moi te lier,
Fauchant les blés de l’aube en tendre maladresse…

Trainants et alourdis de nocturnes sanglots,
Mes yeux mouillés d’amour réinventent la nuit.
De ton coeur sans atours ne suis-je que l’écho ?
J’avance à travers toi en brume d’organdi…

Que mon encrier fuit, se vide de mon sang,
Le vertige de toi a désséché mes mots,
Ecaillé mes crépuscules brodés de faux-semblant,
M’étouffant dans ce noeud, serrée de tes chaos…

Je me pique à ma plume aiguisée de désir,
Lorsque mon livre prend la forme de tes mains.
Sur l’onde d’une page, je me laisse étourdir,
Ivre de provisoire, glisser jusqu’à demain.

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