Joachim du Bellay (1522-1560)

Joachim Du Bellay, poète français de la Renaissance, s’intéresse aux lettres après une courte carrière militaire. Né à Liré, dans la région angevine, en 1522, il découvre les auteurs de l’Antiquité grecque et romaine et compose alors ses premiers poèmes.

Il écrit d’abord des sonnets amoureux décasyllabe (vers de dix syllabes) comme dans l’Olive en 1549. Du Bellay choisit ensuite d’opter pour l’alexandrin (vers formé de deux hémistiches de six syllabes chacun), forme avec laquelle il signe son plus grand succès : Les Regrets en 1558. Après être gravement tombé malade, Joachim du Bellay meurt d’apoplexie le 1er janvier 1560 rue Massillon à Paris, âgé de 37 ans. Il sera inhumé dans une chapelle de Notre-Dame de Paris.

Joachim Du Bellay est le fondateur, avec son ami Pierre de Ronsard, de la Pléiade, un groupe de sept poètes dont le but est de moderniser la littérature française. En effet, lorsque le poète fait la connaissance de Pierre de Ronsard en 1547, il le rejoint au collège de Coqueret à Paris, et ensemble ils décident de regrouper des poètes français dans le but d’améliorer la langue.

Quand ton col de couleur rose
Se donne à mon embrassement
Et ton oeil languit doucement
D’une paupière à demi close,

.

Mon âme se fond du désir
Dont elle est ardemment pleine
Et ne peut souffrir à grand’peine
La force d’un si grand plaisir.

.

Puis, quand s’approche de la tienne
Ma lèvre, et que si près je suis
Que la fleur recueillir je puis
De ton haleine ambroisienne,

.

Quand le soupir de ces odeurs
Où nos deux langues qui se jouent
Moitement folâtrent et nouent,
Eventent mes douces ardeurs,

.

Il me semble être assis à table
Avec les dieux, tant je suis heureux,
Et boire à longs traits savoureux
Leur doux breuvage délectable.

.

Si le bien qui au plus grand bien
Est plus prochain, prendre ou me laisse,
Pourquoi me permets-tu, maîtresse,
Qu’encore le plus grand soit mien?

.

As-tu peur que la jouissance
D’un si grand heur me fasse dieu?
Et que sans toi je vole au lieu
D’éternelle réjouissance?

.

Belle, n’aie peur de cela,
Partout où sera ta demeure,
Mon ciel, jusqu’à tant que je meure,
Et mon paradis sera là.