Le temps

Au bord de la rêverie
Les pensées vagabondent,
Pensées grises, pensées rondes,
Mêlées en symphonie
Symphonie souvenir
Images ensoleillées,
Rayons édulcorés,
Doux moments de plaisir,
Plaisir évaporé…
Le temps est ravageur,
Le temps laisse songeur,
Seul, et désespéré

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Ecrire

Ecrire…
Laisser aller sur le papier mes sentiments.
Relevés par ma plume, les mots se mettent en rang,
Se choisissent et s’allient pour former aisément
Ces vers que nous lisons et relisons souvent…

Me confier à ma plume et la laisser décrire
Avec les mots d’esprit, avec les mots du coeur,
Tous mes ressentiments, mes sourires et mes rires,
Mes peines et mes tourments, exprimer mes douleurs…

Pouvoir en quelques phrases vous décrire les couleurs
Qui sont peintes sur mon âme, et vous faire partager,
Mes ambiances intimes parfumées de douceur,
Mes envies, mes désirs, dont je n’ose parler…

Vous montrer des rivages, réels ou inventés,
Epicés de mots forts ou plus ou moins sucrés,
Vous frissonner de rêves avec des mots salés,
Qui vous donnent le besoin de relire en entier…

C’est toute ma liberté que de laisser ma plume
Aller à volonté, dénouer et juger
Maux et atrocités, décrier les lacunes,
Injustices multiples de notre société…

Par les mots submergée, me faire un vrai délire
Me menant à l’ivresse, rien que pour les choisir,
Les mettre côte à côte et me faire le plaisir
D’écouter leur musique jusqu’à m’en évanouir…

Et j’allais oublier de vous parler aussi,
De ce chant familier, ce son de paradis,
La mélopée grattée que fait ma plume ici.
Quel ensorcellement de l’entendre quand j’écris !

L’encre bat à mes tempes quand je cherche mes mots,
Car je veux que chacun procure son écho,
Pour faire vivre mes vers à leur plus haut niveau,
Qu’ils touchent votre coeur, votre âme, et…votre peau !


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Violence

Les mains ensanglantées et le visage meurtri,

Elle rampe sur son amour comme un oiseau blessé

Tout d’abord par ses mots, ensuite par ses cris,

Par ses gestes brutaux si souvent répétés…

Il l’aime, il le lui dit, et lui redit encore,

Son sang ne saurait pas insinuer le doute

Quand avec sa tendresse il possède son corps

Et que ses horizons se retrouvent en déroute

C’est la dernière fois qu’elle se retrouve à terre,

Qu’elle cède, qu’elle excuse, qu’elle se conditionne

Elle va se relever, quitter cette chimère

Oublier ce bourreau à qui elle s’abandonne…

La croyance persiste et le poids est bien lourd,

Encore elle pardonne et sous les coups retombe

C’est une fois de trop, une fois pour toujours,

Son amour l’a perdue et la mène à la tombe…

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Henri De Régnier ((1864-1936)

Dès 1885, Henri de Régnier, né à Honfleur, publie des poèmes influencés par le Parnasse. Il devient un habitué des mardis de Mallarmé. S’étant lié d’amitié avec Francis Vielé-Griffin, il évolue vers une esthétique symboliste.

En 1895, il épouse la fille de José Maria de Heredia. A côté de ses recueils de poèmes,(La sandale ailée 1906, Le miroir des heures 1911)

Grand officier de la Légion d’honneur, Henri de Régnier est élu en 1911 au fauteuil 39 de l’Académie Française.

Henri de Régnier laisse une oeuvre en prose élégante, mais presque oubliée aujourd’hui.

Odelette

Si j’ai parlé

De mon amour, c’est à l’aube lente

Qui m’écoute quand je me penche

Sur elle; si j’ai parlé

De mon amour, c’est au vent

Qui rit et chuchote entre les branches;

Si j’ai parlé de mon amour, c’est à l’oiseau

Qui passe et chante

Avec le vent;

Si j’ai parlé

C’est à l’écho.

Si j’ai aimé de grand amour,

Triste ou joyeux,

Ce sont tes yeux;

Si j’ai aimé de grand amour,

Ce fut ta bouche grave et douce,

Ce fut ta bouche;

Si j’ai aimé de grand amour,

Ce furent ta chair tiède et tes mains fraiches,

Et c’est ton ombre que je cherche.

Voyage en parapluie

Peut-être un jour, aura-t-il lui aussi un parapluie, un grand parapluie tout rouge. Il se voit sur le chemin de l’école avec son beau parapluie. Tous les autres enfants sont mouillés, et lui, il est bien au sec.

Mais voilà le méchant Gaston, qui voudrait bien avoir un parapluie lui aussi. Gaston est grand, il va sans doute battre le pauvre Jeannot et lui prendre son parapluie. Jeannot se sauve, Gaston court après lui, il va le rattraper…

Mais, heureusement, le vent se met à souffler, à souffler très fort. Le vent soulève et emporte le parapluie avec Jeannot qui le tient. Le parapluie monte, monte, et Jeannot se trouve emporté très haut.

Voilà l’école tout en bas, avec les enfants dans la cour qui le regardent s’envoler. L’école est toute petite…Tiens! Voilà une hirondelle : « bonjour petite hirondelle! Tu vois, je vole comme toi ! Tu vas où ? Attends, je viens avec toi …attends-moi … »

Mais voilà que Jeannot commence à redescendre. Les maisons se rapprochent, il tombe, il tombe! Que se passe-t-il ? C’est le vent qui s’est arrêté de souffler. « Au secours, au secours ! »

Boum ! Çà y est, Jeannot est tombé. Il est mort sûrement. Non, pas tout à fait! Il a seulement un peu mal à la tête. mais où est-il donc ?…

A côté de son lit, tout simplement, il est tombé en dormant ! Heureusement, ce n’était qu’un rêve …