Une histoire d’étoiles

Il était une fois des étoiles,

des milliards d’étoiles qui brillaient dans la nuit.

Chaque soir,

ils étaient des centaines de milliers à les admirer.

Un jour pourtant,

hommes et bêtes cessèrent de les contempler.

Ils avaient bien trop à faire…

Les dieux fâchés décidèrent alors d’un commun accord

de châtier l’humanité pour son dédain de la beauté céleste.

Désormais,

à chaque jour qui passait,

une centaine d’étoiles s’éteindraient, 

et avec elles,

l’espoir d’une naissance humaine,

si les hommes poursuivaient sur la voie de l’indifférence.

Plusieurs centaines d’années passèrent 

sans que personne ne remarque rien.

Il y avait tellement d’étoiles

que nul ne pouvait rien deviner du dessein divin.

Lorsqu’il ne resta plus que cent de ces astres, 

les dieux ne les firent s’éteindre qu’une par une…

mais aucun être humain ne s’aperçut de rien.

Pourtant, 

la terre s’était considérablement dépeuplée…

et à présent,

il n’y avait plus un seul cri d’enfants depuis fort longtemps.

Ce n’est que trois jours avant la fin du monde

qu’un vieillard, las de la vie,

leva les yeux au ciel pour se plaindre à Dieu d’être trop vieux…

C’était le premier être humain à s’être enfin arrêté 

pour contempler le ciel après des milliers d’années d’indifférence…

Subjugué,

il vit alors les trois étoiles danser une ronde folle,

changeant de couleurs à tout instant.

A elles trois, 

elles réussissaient à peupler le ciel d’une infinité de diamants lumineux.

Cette nuit-là,

les quelques vieillards qui peuplaient encore la planète 

contemplèrent la danse des étoiles 

et aucun d’eux ne s’endormit.

Lorsqu’enfin elles se calmèrent, 

elles se rassemblèrent,

se soudant l’une à l’autre, 

et montrèrent le chemin du premier enfant des étoiles. 

Dans une crèche, paraît-il, entre un bœuf et un âne…

La p’tite pipelette

Aquarelle de Ali Cavanaugh

Elle sautillait telle une rainette ,
Entre les gouttes de rosée,
Les pieds nus en sandalettes
Sous sa longue jupe volantée
Ils l’appelaient la p’ tite piplette
Car c’est vrai qu’elle aimait parler!
Elle n’était pas bien grandette
Un vrai poids plume à soulever
Je me souviens de ses fossettes
Et de ses fous rires éclatés
Le miroir de ses yeux noisette
Pouvait parfois vous faire pleurer
Lorsqu’elle venait à la buvette
Et qu’elle se mettait à chanter
Elle aimait tant les jours de fête
Les jours de bal les soirs d’été
Puis vint le temps des cachettes
Ils ont tout fait pour la sauver
Pour éviter leurs mitraillettes
De mains en mains elle est passée
Tout le village faisait place nette
Quand tous les juifs étaient traqués
Mais ils l’ont emmenée la fillette
On ne l’a jamais retrouvée…
Elle sautillait telle une rainette
Entre les gouttes de rosée
On l’appelait la p’tite pipelette
Ils ne l’ont jamais oubliée !

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