Honoré d’Urfé (1567-1625)

Honoré d’Urfé, Comte de Châteauneuf, Marquis du Valromey, seigneur de Virieu-le-Grand, né le 11 février 1567 à Marseille et mort le 1er juin 1625 à Villefranche-sur-Mer, est un écrivain français et savoisien, auteur du premier roman-fleuve de la littérature française, L’Astrée.

L’Astrée, roman d’aventures en partie autobiographique paru entre 1607 et 1633. Cette œuvre inachevée, publiée en quatre parties entre 1607 et 1627, s’inscrit dans la tradition des romans hellénistiques, de Virgile et des poètes courtois.

L’Astrée comporte plus de 5 000 pages, soit cinq parties divisées chacune en 12 livres. Les trois premières parties sont publiées en 1607, 1610, et 1619 et lorsque Urfé meurt en 1625, son secrétaire Balthazar Baro aurait achevé la quatrième partie et lui aurait donné une suite (16321633).

Selon Larousse (1863), les cinquième et sixième parties auraient été composées par Pierre Boitel, sieur de Gaubertin, et éditées en 1626. C’est l’un des plus considérables succès du siècle, qui n’aura pas de postérité véritable dans le genre du roman pastoral, mais une influence considérable sur le roman, le théâtre (Molière), l’opéra et les mentalités. L’impact de ce roman se fait encore sentir aujourd’hui puisque les porcelaines à glaçure verte, à l’origine venant de Chine et de Corée, sont encore appelées céladons de nos jours, en souvenir du nom du second personnage de ce roman lequel était toujours en habits ornés de rubans vert tendre. Cette influence s’exerce aussi dans le monde anglo-saxon.

Les épisodes de ce roman d’amour ont été nourris des quelques années passées en région forézienne où la famille d’Urfé, installée vers l’an 1000 au-dessus de Champoly, avait construit dans la plaine du Lignon du Forez le Château de la Bastie d’Urfé, le premier des châteaux dits « Renaissance ».

Il a également laissé un recueil de poèmes la Savoysiade(1609), une pastorale en cinq actes La Sylvanire ou la Morte-vive (1625).

Un de ses poèmes : La jalousie

Amour ne brûle plus, ou bien il brûle en vain ;
Son carquois est perdu, ses flèches sont froissées,
Il a ses dards rompus, leurs pointes émoussées,
Et son arc sans vertu demeure dans sa main.

.

    Ou, sans plus être Archer d’un métier incertain, 
    Il se laisse emporter à plus hautes pensées, 
    Ou ses flèches ne sont en nos cœurs adressées, 
    Ou bien, au lieu d’Amour, nous blessent de dédain.

.

    Ou bien, s’il fait aimer, aimer c’est autre chose 
    Que ce n’était jadis, et les lois qu’il propose 
    Sont contraires aux lois qu’il nous donnait à tous.

.

Car aimer et haïr, c’est maintenant le même,
Puisque pour bien aimer il faut être jaloux.
Que si l’on aime ainsi, je ne veux plus qu’on m’aime.

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