Emma Shapplin

Bien que parlant couramment français, elle décide d’interpréter ses deux premiers albums en italien ancien, considérant que cette langue « chante naturellement ».Son premier album Carmine Meo, écrit et composé par Jean-Patrick Capdevielle, remporte un vif succès international dans plus de 25 pays avec plus de 2 millions de copies vendues et devient ainsi Multi-Platinum album (Album Multi-platine).Son deuxième album Etterna l’introduit officiellement dans le monde de la musique en tant qu’auteur-compositeur – elle compose la moitié des opus de cet album et en écrit toutes les paroles en italien ancien, un autre compositeur y est présent, Graeme Revell (entre autres grand compositeur de musique de film pour Hollywood). Cet album onirique fut enregistré au mythique Abbey Road Studios et interprété par le London Philharmonic Orchestra et son Chœur.

Dernier album sorti en 2019

Concerts

L’odéon d’Hérode Atticus à Athènes, le Grand Palais du Kremlin à Moscou, l’Esplanade Opera House à Singapour, les rives tunisiennes de Hammamet, le Viminacium (Mausolée romain du V siècle) près de Belgrade (10 000 spectateurs) ou un temple à Bali (20 000 spectateurs), etc.

Demain…


Comme un rayon de lune venu narguer la nuit,
Faisant un noeud d’amour à l’étoile filante,
Une étincelle de coeur s’est allumée sans bruit,
S’est mise à frissonner jusqu’à l’aube naissante…

C’est dans un arc en ciel qu’est venu faire son nid
L’espoir, ce grand oiseau aux ailes en démesure,
Chantant à qui l’écoute jusques à l’agonie,
Que l’union du soleil et de la pluie, c’est sûr,

Engendrera pour lui le ruban des merveilles…
Ephémère, irréelle aquarelle poudrée,
La pensée vagabonde la tristesse en sommeil,
Des rêves plein la tête à ne plus quoi penser,

Comme un rayon de lune venu au creux du coeur
Illuminer d’étoiles un amour espéré,
Elle regarde l’aurore s’éveiller au bonheur
Et confie son destin à son immensité…

(Tous droits réservés)
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Dmitri Hvorostovsky, le baryton de l’âme russe

Tout le destinait à cela. La puissance de l’émission, une voix de baryton qui éblouit par son ampleur, qui subjugue par ses couleurs sombres et moirées, des aigus aussi faciles que ses graves étaient denses et veloutés, une ligne de chant toujours impeccablement menée quels que soient les pièges tendus par les compositeurs. Sa présence scénique naturelle, sa silhouette et son approche intime de chaque rôle lui permettait d’incarner tous ses personnages en conservant sa singularité, adaptée en fonction : dignité, fierté et une forme de hiératisme sont les maîtres mots de ses prestations. Il fut un immense Luna, un Germont atypique, un Bolkonsky magistral mais si on ne devait en retenir qu’un ?

Onéguine évidemment ! Le plus grand, le plus abouti de ces trente dernières années. Le New York Times avait écrit à juste titre qu’il était « né pour incarner le rôle ». Et il le fera, jusqu’au début de cette année qui le verra disparaître. Une captation existe des extraordinaires représentations du Metropolitan Opera avec une Renée Fleming se réchauffant à sa flamme et un Valery Gergiev des grands jours. On aura rarement entendu un dernier acte aussi incandescent. Incarner un fat imbécile et futile, le ramener progressivement dans la communauté des humains et montrer sa béance, son désespoir et sa difficulté à vivre. Voilà ce que savait faire Hvorostovsky qui, à travers ce personnage, faisait renaître toute une culture, une poésie, une âme russe dont certains esprits incorrigiblement romantiques raffolent.

Pour nous consoler de son absence, il nous reste une discographie, importante mais pas toujours bien distribuée. On y distingue notamment un enregistrement de mélodies russes dirigé par le chef Constantine Orbelian et qui témoigne de son art du phrasé, profondément incarné, teinté de nostalgie et d’espoirs. Un superbe Onéguine dirigé par Bychkov nous rappelle les représentations du Châtelet au début des années 90. Une salle qui aura permis aux Parisiens de l’entendre une dernière fois le 12 novembre 2016, dans un récital où il interpréta, inlassablement, ces mélodies russes qui l’auront accompagnées toute sa vie.

Toujours est-il que c’est la ville qui l’a vu naître en 1962 qui aura entendu ses derniers feux qui illustrent à merveille sa passion pour son métier, son courage et sa ténacité.

Luttant depuis deux ans et demi contre la tumeur au cerveau qui l’a emporté, le baryton russe Dmitri Alexandrovitch Hvorostovsky est mort près de son domicile londonien, le 22 novembre à l’âge de 55 ans.

Paul-Jean Toulet (1867-1920)

Chef de file du mouvement fantaisiste qui, dans les années 1900- 1910, tentait de bousculer les anciennes normes établies par les symbolistes et d’édifier un univers de détachement et d’enjouement qui baignait dans une mélancolie élégiaque dissipée par le sourire.

Ses poèmes ne seront édités qu’après sa mort : Les contrerimes et Les vers inédits. Ceux-ci, peu nombreux, ont apporté une forme nouvelle, savante et précieuse, à la fois forte et flexible dont Toulet joue avec un art consommé. Les coloris sont lumineux, le rythme envoûtant, surprenant, crispé, les jeux de rimes parfois frivoles, parfois sévères, se chargent d’arrêter l’esprit sur la netteté d’une impression ou d’un sentiment. C’est la conjonction d’une sensation fugitive, d’un regard sur le temps perdu, d’une pensée sur l’existence et la fragilité des choses. L’amour n’y est jamais passion, à peine libertinage, plus souvent pur badinage. La mort, elle-même, devient une réalité familière dont le goût est inséparable de l’amour. Nous sommes aux antipodes de l’aventure spirituelle des Fleurs du mal de Baudelaire, du spleen, des ivresses, de la révolte et du recours à l’au-delà. Cette poésie exprime un dilettantisme désabusé, un dandysme qui se décline en un subtil mélange d’exotisme nonchalant, de tendresse et d’impertinence et ” d’un humour allant parfois jusqu’au plaisir de la mystification”.

Dans Arles, où sont les Aliscams,
Quand l’ombre est rouge, sous les roses,
Et clair le temps,
Prends garde à la douceur des choses.
Lorsque tu sens battre sans cause
Ton coeur trop lourd;
Et que se taisent les colombes:
Parle tout bas,si c’est d’amour,
Au bord des tombes.