Gill Pressnitzer

Il y a des poèmes qui ne se nourrissent ni de roses, ni d’oiseaux,
qui ne boivent pas la rosée des fleurs,
qui ne se penchent pas sur la source,
qui n’aiment pas les jeunes filles à l’instant du bourgeon.
Ils ont un visage dur,
une odeur d’hiver qui dédaignerait la neige.
Ils parlent de chevaux, de labours,
d’humbles herbes,
d’enfants sans jouets.
L’amour y semble caché,
mais apparaît soudain aux trous de l’étoffe, avec son insolent éclat de toujours.
Ils sont avides comme des rustres.
Ils ont de grosses mains.
Leur rire est triste.
Ils grelottent.
Ils ont faim.
Ils donnent à manger.
Le sang coule d’eux, frais, rouge et vite noir, luisant comme un long regard échappé.
Les poèmes qui ne se nourrissent ni de roses, ni d’oiseaux,
ont une santé à briser le monde.
Il leur arrive de montrer vraiment l’intérieur du corps qui est rouge,
l’intérieur de l’âme qui est noir et vide.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s