Il était une fois …

Prenez vos plumes, vos cahiers,
Et remplissez vos encriers,
Nous embarquons pour l’aventure
A bord d’une page d’écriture…

Mots magiques et mots d’enfants,
Mots mécaniques, mots complaisants,
Réunissez donc vos syllabes
Que nous écrivions cette fable,

En commençant comme il se doit
Du style:  » Il était une fois… »
Mais il ne faut vous y tromper:
C’est un Conte que vous écrivez !

Il vous faut mettre de l’ambiance,
Des décors et de l’apparence,
Mais attention aux descriptions:
Point trop n’en faut que de raison !

L’endroit se doit d’être enchanteur,
De la magie et des couleurs…
Pensez aux fées et aux lutins,
Pour les idées : voyez Merlin !

Il vous faut aussi des méchants,
Mauvais génies ou bien géants,
Mais pas trop durs, pas de tortures,
Juste pour pimenter l’aventure…

Ne pas oublier les  » bestioles « ,
Pas très futées pour qu’on rigole,
Quelques passages de fantaisie
Pour contraster la tragédie.

Très important :  » une Sorcière  » !
Une bien vilaine, une en poussière,
Qui sent la crasse, le mauvais sort,
Sans elle, c’est sûr…le conte endort !

Bien deviné :  » une Princesse « 
Belle comme le jour, une vraie déesse,
Le rôle premier de cette histoire,
Sans elle, inutile d’y croire !

A condition qu’elle ait un  » Prince « 
Cela va de soit qu’on ne l’évince
Car, si vous oubliez la romance,
C’est tout un mois sans ses dimanche…

Bien ! Nous avons les ingrédients !
Parlons un peu « assaisonnement »
Mettons du style, c’est important,
De la ponctuation, c’est plus vivant !

Revoir vos règles de grammaire,
Parfaire votre vocabulaire,
Soigner votre orthographe c’est sûr,
Et tout écrire avec mesure…

Maintenant,
Vous voilà prêts pour l’Aventure !


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Poésie chinoise

Parler de «poésie chinoise» est un pléonasme, la Chine étant elle-même un poême, le plus beau des poêmes.
La Chine c’est trois mille ans de perfection, tant dans son art de vivre que dans l’art lui-même et sa culture.
Élégance, beauté, cruauté, raffinement, philosophie, subtilité, science, médecine, poésie, art des nuances, elle a tout créé, tout inventé, tout donné au monde.
Sans la Chine, sans son écriture, sa peinture, son art du paysage, sa sculpture, sa cuisine, sa pensée, l’humanité ne serait qu’un brouillon de civilisation, une plate, veule et vile tentative pour l’homme de se hisser hors du néant.
(Lao Tseu)

La passante

Quand la brise gonfle tes deux robes de soie,
Tu ressembles à une déesse vêtue de nuages.
Quand tu passes, les fleurs des mûriers te respirent.
Quand tu emportes des lilas que tu as cueillis, ils tremblent de joie.

Des cercles d’or étreignent tes chevilles.
Des pierres bleues luisent à ta ceinture.
Un oiseau de jade a fait son nid dans ta chevelure.
Les roses de tes joues se mirent dans les perles immenses de ton collier.

Quand tu me regardes, je vois couler le fleuve Yuen.
Quant tu me parles, j’entends la musique du vent de mon pays.
Quand un cavalier te rencontre, au crépuscule,
Il croit que c’est déjà l’aurore et immobilise son cheval.

Quand un mendiant t’aperçoit, il en oublie sa faim.

Tchang Wou Kien

La Peur

On dit qu’avant d’entrer dans la mer,
une rivière tremble de peur.
Elle regarde en arrière le chemin
qu’elle a parcouru, depuis les sommets,
les montagnes, la longue route sinueuse
qui traverse des forêts et des villages,
et voit devant elle un océan si vaste
qu’y pénétrer ne parait rien d’autre
que devoir disparaître à jamais.
Mais il n’y a pas d’autre moyen.
La rivière ne peut pas revenir en arrière.
Personne ne peut revenir en arrière.
Revenir en arrière est impossible dans l’existence.
La rivière a besoin de prendre le risque
et d’entrer dans l’océan.
Ce n’est qu’en entrant dans l’océan
que la peur disparaîtra,
parce que c’est alors seulement
que la rivière saura qu’il ne s’agit pas
de disparaître dans l’océan,
mais de devenir océan.

Khalil Gibran