Le syndrôme Anna Karénine

Lev Nicolaïevich Tolstoï, ou Léon Tolstoï, a laissé à la postérité un roman qui n’est pas seulement devenu l’un des plus grands classiques de la littérature mondiale, mais qui est le reflet de la passion amoureuse, si intense, si dangereuse, et parfois si tragique : Anna Karénine.

Il existe le syndrome « Anna Karénine « qui ne fait pas référence à la fin tragique de cette héroïne, mais à la folle passion de celle-ci, où dans son union affective qu’elle a vécu, elle va au delà de ses propres limites…

Il y a de grands dangers dans une relation obsessionnelle, notamment pour la santé physique mais aussi psychologique et dont les conséquences sont parfois irréversibles.

J’ai vécu moi même il y a quelques années maintenant, une relation obsessionnelle, une passion dévorante et destructrice … Je vais essayer de témoigner et de décrire cette emprise néfaste qu’est cette sorte d’amour

Une relation obsessionnelle nous fait nous sentir vivant, plein d’émotions toutes plus puissantes les unes que les autres, comme l’attraction physique, l’union émotionnelle, l’engagement mutuel, et l’obsession. Cette sensation est capable de faire du « toi et moi » la chose la plus importante de sa vie !

On se retrouve alors dans un état autre que celui de l’amour véritable, peu à peu on perd le contrôle de soi, on tombe dans une dépendance absolue dans laquelle les limites sont sans cesse repoussées et l’on est capable de tout !

On abandonne peu à peu sa famille, ses amis, ses relations au profit de l’être aimé, et on finit par se soumettre totalement au contrôle de l’autre pour mieux le garder…Il s’agit là d’un trouble affectif obsessionnel !

Alors commence une grande source d’angoisse, on veut l’élu en permanence à ses côtés, on devient méfiant, envahi par la peur, peur d’être trompé, peur d’être abandonné, peur de déplaire, peur de ne plus plaire, de ne plus être aimé etc…tout ceci amène à un état d’anxiété extrême et permanent dont on ne peut plus s’extirper !

Petit à petit, on perd toute estime de soi, son intégrité, son équilibre émotionnel, sa faculté d’analyse, on centre sa vie sur celle de l’élu de façon abusive jusqu’à en oublier la sienne…Cette passion devient totalement destructrice !

Dans le début d’une relation, il est normal de ressentir cette passion si intense et incomparable…mais attention de ne pas tomber dans ce piège dangereux !

Pour cela, il ne faut pas rechercher à combler des vides avec une relation. Nous entendons dire que nous devons trouver notre « moitié » et c’est un leurre…il faut au contraire trouver une complémentarité en s’épanouissant individuellement, en étant réfléchie et mature, en respectant ses propres désirs, en étant capable d’être heureuse seule et de procurer du bonheur aux autres. En aucun cas il ne faut rechercher quelqu’un pour combler des vides ou des peurs…l’amour, le vrai , doit être un enrichissement mutuel. Une relation qui vous prive de liberté, est une relation stérile et qui mène à sa destruction automatique et parfois même au suicide !

Il est très néfaste d’aimer « aveuglément « …

Il faut aimer avec le coeur dans un mode conscient, dans le respect des valeurs de chacun, en étant conscient de la liberté d’agir et de penser respective, avec beaucoup d’écoute et de compréhension, d’indulgence aussi … La jalousie, le chantage et la méfiance ne doivent pas exister pour que la relation soit stable, heureuse et durable dans une complémentarité certaine et une compréhension de chaque jour.

Les personnes atteintes de ce syndrome d’Anna Karénine, sont atteintes de peur de l’abandon, d’un manque affectif datant de l’enfance, de maltraitances parentales affectives et ont besoin d’une aide médicale et psychologique pour pouvoir mener à bien une relation affective .

La Valse

Loin du bal, dans le parc humide
Déjà fleurissaient les lilas ;
Il m’a pressée entre ses bras.
Qu’on est folle à l’âge timide !

Par un soir triomphal
Dans le parc, loin du bal,
Il me dit ce blasphème :
« Je vous aime ! »

Puis j’allai chaque soir,
Blanche dans le bois noir,
Pour le revoir
Lui mon espoir, mon espoir
Suprême.

Loin du bal dans le parc humide
Qu’on est folle à l’âge timide !

II.

Dans la valse ardente il t’emporte
Blonde fiancée aux yeux verts ;
Il mourra du regard pervers,
Moi, de son amour je suis morte.

Par un soir triomphal
Dans le parc, loin du bal
Il me dit ce blasphème :
« Je vous aime ! »

Ne jamais plus le voir…
À présent tout est noir ;
Mourir ce soir
Est mon espoir, mon espoir
Suprême.

Dans la valse ardente il l’emporte
Moi, je suis oubliée et morte
.

Charles Cros

Equilibre

Tu sais l’ami, plus on avance et moins on sait
Le paradoxe de la vie est le mieux gardé des secrets
Tout ce que l’on savait hier, prouvés par tant de théorèmes
Part en volutes de fumées, voilà comment la vie nous aime…

Combien faut-il d’acrobaties pour retomber sur nos deux pieds
Je ne sais pas, je ne sais plus, combien d’essais m’auront chuté
Ce que j’ai compris de la Vie, c’est qu’à nager contre son flux
M’éloigne de ce que je sais, qu’on ne sait rien de l’inconnu…

Persiste à croire, oubli « savoir »
Nourris ton coeur aux encensoirs
Soit dans l’instant celui qui Est

Ne cherche pas celui qui « Sait »
Pareil à toi, il ne sait pas
Où demain conduira ses pas.

(Anita Le Sant)